Se retourner sur une vie qui n'est plus la mienne

Pour ces endroits qu'on regarde avec tendresse mais détaché de tout sentiment ...



J'ai dû redescendre à Cannes ...

Cette phrase sonne bizarre encore quelques jours après. Qui pourrait croire que s'échapper de Paris pour une belle ville sur la côte d'azur serait si déprimant ?

Moi ça ne m'étonne pas tant que ça. Je suis née et j'ai grandis à Cannes, je connais le soleil, les festivals, les voitures de luxe, les hôtels hors de prix, le dress code etc. ... Je connais tout ça parce que j'ai appris à vivre la bas. J'y ai formé une routine faite de marché le dimanche matin, de lycée à pied, de la gare à 10 min, des boutiques toutes aux mêmes endroits ...

Aujourd'hui j'apprends à vivre à Paris, à descendre dans la rue pas maquillée, à ne plus sortir sans parapluie, à vérifier le trajet avant de partir ... Autant de différences entre la province et la ville qui sont on ne peut plus connues.

Mais au delà de ces automatismes, Cannes c'est plus que ça. Comme tout ce qui constitue notre passé, Cannes c'est aussi mes erreurs, mes traumatismes, qui m'ont formée.
Je rattache les bons moments à des personnes que je pourrais retrouver n'importe où, et avec lesquelles je me sentirais chez moi. Ma famille est mon chez moi, Cannes n'est qu'un lieu à l'arrière goût amer. Les deux sont très différents et dissociables. Je pourrais vivre sans retourner à Cannes; je ne pourrais pas vivre sans voir régulièrement ma famille.

Je me suis rendue compte que tous les beaux et bons aspects de Cannes ont été pollués par le passé. Et qu'en sachant ça, je serais tentée de choisir la ville juste à coté pour partir en vacances. Seulement même si je choisis de ne plus jamais y retourner, c'est là où je suis née.

Ce n'est pas tant où on est née qui nous définit parce que ce n'est pas notre propre choix. Mais je pense que dans la mesure de nos possibles on peut décider de qui on veut devenir. Par contre, je ne nie pas que le passé influence le futur. Parce qu’en revenant à Cannes j'ai aussi bien constaté ça : si je n'étais pas née ici, si je n'avais pas grandis ici, je ne serais peut-être pas aussi heureuse que je le suis à Paris. Certains disent qu'il faut connaître le manque pour apprécier les choses qu'on a, je ne pense pas que ce soit foncièrement vrai, mais je pense qu'il y a de l'idée.

Alors même si je suis encore remplie de rancoeur envers une ville qui m'a formée, je suis heureuse d'être celle que je suis. Mais surtout d'être parisienne car aujourd'hui je suis capable de décider de ne plus faire d'erreur dans cette ville ci.

Love ! 
Jone 

Commentaires

Un jolie message !

Nom

E-mail *

Message *

Articles les plus consultés